tsr.ch - vidéo - 19:30 le journal

Rencontres EasyFlirt

mercredi, 26 novembre 2008

UBS: Marcel Ospel rendra de l'argent reçu en indemnité

«J’espère pouvoir, en agissant de la sorte, contribuer à la maîtrise d’une situation inimaginable pour moi jusqu’à tout récemment.» Tels sont les propos tenus hier par l’ancien président d’UBS Marcel Ospel en guise d’acte de contrition.
Son porte-parole, Jörg Denzler, est encore plus explicite: en rendant 33 millions de francs d’indemnités, «Marcel Ospel, Stephan Haeringer et Marco Suter entendent signaler qu’ils se rangent à la réalité de la situation présente. Ils sont conscients du fait qu’ils auraient donné, à diverses décisions prises à l’époque, un tour différent s’ils avaient bénéficié des connaissances aujourd’hui acquises. Cette renonciation est volontaire. Elle ne signifie donc aucunement la reconnaissance d’une faute au sens juridique.»
Geste symbolique
Deux jours donc avant l’assemblée générale extraordinaire d’UBS – lors de laquelle sera discuté le plan de sauvetage de la banque par la Confédération et la BNS –, l’actuel président de la banque, Peter Kurer, a obtenu le geste symbolique qu’il attendait des ex-responsables. Selon Jörg Denzler, «plus des deux tiers des 33 millions reviennent à l’ancien président d’UBS», soit 22 millions de francs que Marcel Ospel rendra à son ancien employeur. Les deux autres administrateurs, Stephan Haeringer et Marco Suter – qui déclarent se montrer «solidaires avec Marcel Ospel et loyaux envers UBS» – rendront, eux, quelque 5,5, millions de francs chacun.
Hier, les réactions ont oscillé entre satisfaction et ironie à peine voilée (lire ci-dessous). Ainsi, l’entrepreneur schaffhousois Thomas Minder, à l’origine de l’initiative populaire «Contre les rémunérations abusives» des grands patrons, résume à lui seul le sentiment général: «Ce geste est globalement positif. Mais ce n’est rien de plus qu’une goutte d’eau sur une pierre chaude.»
Et pour cause. Cette rétrocession par Marcel Ospel n’est qu’une petite partie des bonus que l’ancien patron d’UBS a touchés l’an dernier et cette année. En ce sens, les données fournies par la grande banque sur les indemnités offertes aux ex-cadres démissionnaires sont, pour le moins, peu transparentes (lire encadré). Mais il s’avérerait que le Bâlois ait bénéficié, lors de son départ en avril dernier, d’un parachute doré de 22 millions de francs. C’est donc à ce dernier qu’Ospel a renoncé hier. Compte tenu de l’intervention de l’Etat – 68 milliards de francs – pour consolider la banque, l’ancien président aurait eu du mal à encaisser cette somme qu’UBS aurait dû, de toute façon, révéler début 2009.
Une année de salaire
Mais Marcel Ospel ne sort pas les mains vides. Loin s’en faut. D’une part, il bénéficie, depuis son retrait, d’une année de salaire et de bonus, pour un montant non divulgué. C’est du moins ce que stipulait son contrat. Et d’autre part, UBS lui a versé, depuis 2005, 46 millions de bonus, qui se répartissent en primes, en espèces, en actions, en contribution à sa caisse de pension et à son assurance-maladie, ainsi qu’en avantages en nature.
Toujours est-il que les actuels dirigeants d’UBS s’engagent aujourd’hui à la fois à rétablir l’image de la banque (voir ci-contre) et à remettre l’éthique au cœur de ses activités. Peter Kurer discute encore avec d’autres anciens dirigeants – sans toutefois les nommer – pour qu’eux aussi mettent symboliquement la main à la poche. Selon des sources internes, il pourrait s’agir notamment de Clive Standish, ex-directeur de finances, et de Huw Jenkins, directeur de l’investment banking, voire de John Costas, responsable du hedge fund américain d’UBS, et de Dillon Read, qui avait misé à fond sur les subprime (crédits immobiliers à risques).
L’ex-directeur d’UBS Peter Wuffli avait, à la mi-novembre, donné l’exemple en restituant 12 millions de francs (sur les quelque 31 millions de francs qu’il a touchés lors de son départ, en juillet 2007). «Verser de grosses sommes à des cadres sur le départ alors qu’une entreprise est en situation critique n’est pas justifiable», avait-il alors déclaré.
En rendant une partie de leurs bonus, les ex-responsables d’UBS se mettent également à l’abri d’éventuelles poursuites civiles. Et aspirent sans doute à pouvoir réintégrer les milieux très fermés de la bourgeoisie zurichoise. Selon Sonntag , Marcel Ospel n’ose plus apparaître dans le célèbre restaurant, la Kronenhalle, alors qu’il y avait ses aises.

Source: 24heures

Aucun commentaire: